Évaluation de l’habitat du poisson et inventaire ichtyologique de la Rivière Saint-Charles

La rivière Saint-Charles est un bras du fleuve Saint-Laurent qui coule sur plus de 8 km de la baie Saint-François à Salaberry-de-Valleyfield jusqu’au bassin de Saint-Timothée. Historiquement, la rivière était une source considérable de puissance hydroélectrique pour les usines à Salaberry-de-Valleyfield, ce qui a favorisé le développement d’une grande portion des rives.

Le débit est maintenant contrôlé et est maintenu à environ 31 m3/s par la ville de Salaberry-de-Valleyfield. La rivière appartient en partie à la compagnie Dominion Textile et la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield a acheté une section de ces rives.

La rivière Saint-Charles s’est beaucoup dégradée par le passé. Des travaux agricoles et de fabrication industrielle se sont développés aux abords des rives. Cette étude a permis de valider le potentiel de compensation de l’habitat du poisson existant dans la rivière Saint-Charles.

Cette étude fût menée par le Comité ZIP du Haut Saint-Laurent pour la Ville de Salaberry-de-Valleyfield. Cette étude consistait notamment à rédiger un rapport sur la caractérisation des bandes riveraines, des analyses de l’eau, de l’inventaire ichtyologique et de la caractérisation de l’habitat du poisson dans la rivière Saint-Charles. Des recommandations d’aménagements touchant l’habitat des espèces de poisson rencontrées ont ensuite proposées à la Ville de Salaberry-de-Valleyfield, qui pourront être investiguées celle-ci dans le cadre de divers projets nécessitant de la compensation due à une perte de l’habitat.

Mandat et objectifs

Dans le cadre de ce projet, deux objectifs principaux ont été indiqués par la Ville de Salaberry-de-Valleyfield :

1. Déterminer le potentiel de compensation avec localisation des sites potentiels;
2. Définir la localisation et les paramètres à investiguer en profondeur;

Pour ce faire, cinq sous-objectifs permettant de bien répondre au mandat ont été définis :

1. Caractériser les bandes riveraines;
2. Évaluer la qualité de l’eau du mois d’août au mois de novembre 2015;
3. Évaluer les obstructions à la passe migratoire au niveau de l’avenue du Centenaire;
4. Inventorier les populations de poisson présentes dans la rivière Saint-Charles;
5. Caractériser l’habitat du poisson.

Les résultats…en résumé

Évalutation de la qualité de l’eau

La qualité de l’eau de la rivière Saint-Charles est uniforme dans son ensemble. Aucune des variables mesurées n’offre des valeurs qui pourraient être inquiétantes. Les coliformes fécaux présents dans la rivière sont fort probablement dus aux ouvrages de surverses municipaux qui déversent de l’eau grise non traitée. La capacité de dilution et d’épuration de la rivière semble être suffisante pour absorber ces eaux non traitées. Des suivis plus exhaustifs sont nécessaires pour confirmer cette tendance. De plus, nous n’avons pas observé de développement de cyanobactéries. La qualité de l’eau générale de la rivière n’a pas d’incidence négative sur les populations de poisson et ne compromettrait pas l’utilisation de la rivière à des fins récréatives.

Évaluation de la qualité des bandes riveraines

Les bandes riveraines de la rivière Saint-Charles sont de qualité faible à très faible sur plus de 70 % de sa longueur. Les infrastructures de transport comme les routes, les chemins et les ponts expliquent en partie la qualité. Malgré cela, il est possible d’améliorer les avantages qu’offre une bande riveraine de qualité en mettant en place un projet permettant un travail de réhabilitation localisé. La bonification des bandes riveraines aurait un impact sur la qualité de l’habitat du poisson en contribuant de plusieurs façons à la santé de l’écosystème aquatique : augmentation de zones ombragées (diminution de la température de l’eau en été), abris supplémentaires pour plusieurs espèces et source de production de nourriture.

Évaluation de la qualité de l’habitat du poisson

Le travail de recensement des habitats de poisson de la rivière Saint-Charles démontre le potentiel naturel considérable de production de poissons. La diversité des habitats aquatiques rend possible la production d’espèces appréciées par les pêcheurs sportifs. On dénombre une mosaïque d’habitats composée d’un grand nombre de fosses, de rapides, d’habitats herbeux et de zones de haut-fond. Cette diversité d’habitats permet de viser l’amélioration des populations de plusieurs espèces.

Pour plus d’informations concernant les résultats et nos recommandations suite à cette étude, nous vous invitons à contacter la Ville de Salaberry-de-Valleyfield.